San Vito lo Capo

Voilà une semaine que nous sommes à San Vito lo Capo, une semaine assez mouvementée sur le plan météo! D'un point de vue touristique, nous n'avons encore pratiquement rien fait... nous avons juste profité, lorsque le temps le permettait, de la belle plage, toute proche du port.

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Nous allons aussi régulièrement rendre visite à un amateur de chanson folk américaine, apparemment sourd vu le volume auquel il nous dispense sa musique, qui tient le point internet local. Ca a été pour nous l'occasion de mettre en ligne ce nouveau blog, réalisé tranquillement à bord.

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Nous avons suivi de près l'évolution de la météo, de concert avec un groupe d'allemands, arrivé le même jour que nous à San Vito, et qui convoient un Sun Odyssée 39 DS jusqu'à Majorque (où ils doivent être arrivés avant le 1er avril), via la Sardaigne. Ils ont bien essayé de partir une première fois, mais sont rentrés quelques heures après : ils n'avançaient pas et dérivaient de 25°, ce qui n'était vraiment pas très rentable...
Un bateau suédois (un Elan 37 flambant neuf arrivant de Croatie et allant lui aussi aux Baléares via la Sardaigne) est arrivé à son tour, et c'est bien à l'abri au port que nous avons essuyé des vents de près de 50 noeuds. Enfin, à l'abri, mais avec une sécurité toute relative, puisque 2 des pendilles que nous avions prises se sont cassées (sur les 4)! (le responsable nous a dit qu'il avait justement commandé de nouvelles chaînes... bien lui en a pris!). C'est avec l'aide des occupants allemands de Coccinella que nous avons pu remettre le bateau droit, ce qui a été prétexte à une tournée de Schnapps offerte sur le ponton par nos amis d'outre-Rhin (je précise qu'il était 10 heures du matin!... et aussi que les femmes et les enfants en étaient dispensés!) Avant-hier matin, la météo de la soirée et des 36 heures suivantes semblait assez bonne pour partir. Après que la décision ait été prise, nous avons rangé le bateau, fait des courses, préparé tout ce dont nous aurions besoin pour nos 180 milles de traversée jusqu'à Arbatax, en Sardaigne, installé un couchage pour Maceo dans le carré avec une toile anti-roulis (sa cabine est plus pratique pour nous et Ysalis car elle donne directement dans le cockpit), et nous sommes préparés psychologiquement pour cette traversée d'environ 36 heures, avec une certaine dose de trac, car c'est une grande première pour nous!
La lumière de fin de journée était particulièrement belle sur San Vito...

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Et les trois bateaux (Dhamma, Coccinella et Snookums) étaient fin prêts à partir pour 10 heures du soir.


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Et chaque membre d'équipage aussi, chacun à sa façon...

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Les amarres larguées dans le noir le plus total car il y avait une coupure générale d'électricité dans la ville, les 3 bateaux sont partis... Plus on avançait, plus on se rendait compte que les prévisions météo avaient été plutôt optimistes : la météo annonçait 25 noeuds de vent, mais il frôlait plutôt les 35... quant à la hauteur des vagues, elle était plus de l'ordre des 5 mètres que des 3 annoncés... Nous avions le vent dans le nez (ça c'était prévu, mais ça ne devait pas durer) et avancions au moteur. Nous aurions dû mettre un peu de grand-voile mais... Ysalis me demandait à l'intérieur (elle voulait absolument sortir, mais il en était hors de question compte tenu de l'environnement et des paquets de mer qui nous arrivaient dessus!), et je n'ai pas pu aller la hisser (Francesco, lui, ne pouvait quitter la barre), ce qui aurait pu rendre les choses un peu plus confortables... en ce qui me concerne, mon séjour à l'intérieur avec Ysalis m'a été fatal, et ce malgré l'homéopathie et les bracelets anti-mal de mer. Lorsque la demoiselle s'est enfin endormie et que j'ai pu rejoindre Francesco sur le pont (ouf! le grand air, ça fait du bien!), nous avons décidé de faire demi-tour, car même si nous pensions que les choses allaient se calmer dans un futur plus ou moins proche, nous n'avancions pour le moment qu'entre 1 et 3 noeuds. La fenêtre météo dont nous voulions profiter ne durait pas plus de 36 heures, et des vents à 40 noeuds étaient prévus ensuite sur la côte sarde : si nous y arrivions plus tard que prévu, nous tomberions en plein dedans, et nous avons préféré éviter de jouer à ce petit jeu-là...
Nous avons donc remis le cap sur San Vito, au milieu de ces murs d'eau sombre qui nous masquaient la côte et les feux des deux autres bateaux qui, eux, poursuivaient leur route. L'entrée dans le port a été assez délicate car les feux qui signalent l'entrée ne marchaient pas! Heureusement que nous connaissions déjà l'endroit et que la lune éclairait suffisamment (et merci aussi au logiciel de navigation!)! A une heure du matin nous étions de nouveau amarrés à notre ponton, tous deux bien contents de nous retrouver au calme (ha oui! je n'ai pas parlé de Maceo dans tout ça! Il s'est endormi à la sortie du port, et s'est réveillé comme une fleur le lendemain matin en se demandant où nous étions!).
Moins d'une heure plus tard, c'était au tour de Snookums, le bateau suédois et ses trois gaillards de rentrer au port, ce qui nous a un peu rassurés quant au bien fondé de notre décision! Coccinella, quant à lui, semble avoir continué... et nous les avons accompagné de notre pensée pendant toute la durée supposée de leur trajet (ils ont dû arriver à l'heure qu'il est...).
Ca a été malgré tout une super expérience pour nous : nous avons pu observer le comportement de Dhamma dans des creux de 5 mètres, et n'avons à aucun moment eu le moindre doute quant à notre sécurité à bord, ce qui nous permettra d'appréhender nos futures navigations avec encore plus de sérénité.
Et depuis, nous attendons une nouvelle fenêtre, plus clémente...